Dans la province du Nord-Kivu, les réseaux sociaux sont devenus un canal majeur de diffusion de l’information. Rapides et accessibles, ils permettent aux populations de s’informer en temps réel.

Mais cette vitesse favorise aussi la propagation de rumeurs, de fausses informations et de discours de haine, dans un contexte sécuritaire et social déjà fragile.

À Goma, journalistes et acteurs des médias alertent sur les dangers liés à la désinformation. Selon Marassi-Bénédicte Zoé, journaliste basée dans la ville, le manque ou le retard des communications officielles laisse un vide informationnel rapidement comblé par les spéculations en ligne.

« Une rumeur peut être créée et publiée sans vérification. Très vite, elle devient virale, surtout quand les informations officielles tardent à arriver », explique-t-elle.
Face à cette situation, les professionnels des médias redoublent de prudence.

La vérification des faits, le recoupement des sources et le choix minutieux des mots sont devenus des pratiques essentielles. Dans certains cas, des informations pourtant disponibles ne sont pas diffusées afin d’éviter d’alimenter les tensions communautaires ou de provoquer des troubles à l’ordre public.

À la Radio Télévision Espoir de la Démocratie et des Droits de l’Homme (RTEDH), cette rigueur se traduit par des choix éditoriaux stricts. La station s’est engagée à lutter contre la désinformation et à bannir tout discours susceptible d’attiser la haine.

« Nous diffusons des informations vérifiées et utilisons un langage responsable pour préserver la cohésion sociale », affirme Grace Mvang, responsable de cette radio communautaire.

La RTEDH mise également sur la formation continue de ses journalistes, afin de renforcer leurs compétences en fact-checking et en journalisme sensible aux conflits. Par ailleurs, les interventions du public à l’antenne sont filtrées pour éviter la diffusion de propos haineux ou incitant à la violence.

Dans un environnement marqué par l’insécurité et la méfiance, les médias de Goma jouent ainsi un rôle central. Plus que jamais, ils apparaissent comme des acteurs clés de la stabilité sociale, appelés à informer avec rigueur, responsabilité et éthique, afin de contribuer à la paix et à la cohésion sociale au Nord-Kivu.

Grace Wasingya

By ellefm

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *