Elles touchent aussi bien les femmes que les hommes, mais les femmes et les filles en restent les principales victimes. Les formes les plus couramment recensées sont les violences domestiques, psychologiques et sexuelles, qui portent gravement atteinte à la dignité humaine.
Selon Rachel Mululu, leader communautaire, les violences domestiques sont particulièrement fréquentes au sein des ménages. Elle souligne que, dans de nombreux foyers, des discriminations persistent entre conjoints, au détriment majoritaire des femmes. Ces violences peuvent être psychologiques, physiques ou économiques.
Bien que certains hommes subissent également des violences psychologiques, notamment dans des contextes familiaux marqués par le manque de respect, les femmes demeurent les plus exposées et cumulent souvent plusieurs formes de violences.
Les violences sexuelles constituent l’un des aspects les plus graves de cette problématique. Ces derniers mois, plusieurs cas ont été signalés à Goma, impliquant des femmes, des filles et des garçons mineurs.
Parmi eux, le cas d’un enfant de 9 ans victime d’agression a profondément choqué la communauté. Ces violences laissent des séquelles physiques et psychologiques durables chez les victimes.
Face à cette situation, les leaders communautaires jouent un rôle important. Les associations locales, les responsables religieux et les cadres de base s’impliquent principalement dans la sensibilisation et l’encouragement à la dénonciation des cas.
Lorsqu’un incident est signalé, la priorité est d’orienter la victime vers des structures appropriées pour une prise en charge médicale et psychologique. Toutefois, l’accompagnement holistique reste limité, notamment en ce qui concerne l’appui économique aux victimes.
Certaines causes structurelles aggravent l’exposition aux violences. Dans plusieurs zones, les femmes et les filles sont agressées lorsqu’elles se rendent dans la brousse pour chercher du bois de chauffage. Des solutions telles que l’utilisation de foyers améliorés et la fabrication de briquettes écologiques sont évoquées comme alternatives pour réduire ces risques.
Les violences basées sur le genre se manifestent également à travers des discriminations sociales persistantes, qui limitent l’accès des femmes aux postes de responsabilité. Malgré certaines avancées, elles restent encore faiblement représentées dans plusieurs instances de leadership.
Par ailleurs, la peur de la stigmatisation, de la discrimination ou de la rupture familiale pousse de nombreuses victimes à garder le silence, avec de lourdes conséquences sur leur santé physique et mentale.
D’où l’importance de renforcer les actions de sensibilisation et d’impliquer davantage les médias, en particulier les radios communautaires, dans la lutte contre les VBG.
En conclusion, la lutte contre les violences basées sur le genre nécessite l’engagement collectif de toute la communauté afin de protéger la dignité humaine et d’assurer le bien-être des victimes.
Grace Wasingya Nestor
