La radio ELLE FM a organisé, ce samedi 7 février, une table ronde au complexe scolaire LÈVE-MOI, à Nyiragongo, aux environs de la ville de Goma. Cette activité a réuni des élèves, enseignants et autorités scolaires autour du rôle des élèves et les responsabilités des enseignants et des autorités scolaires dans la prévention des violences sexuelles chez les jeunes filles en milieu scolaire.
Les échanges ont permis aux élèves de s’exprimer librement sur les réalités auxquelles ils sont confrontés. Plusieurs causes des violences sexuelles en milieu scolaire, particulièrement à l’égard des jeunes filles, ont été évoquées. Parmi celles-ci figurent la recherche de la facilité pour réussir les cours, l’abus de pouvoir de certains enseignants, ainsi que des comportements jugés inappropriés de la part de certains élèves mal intentionnés.
Au cours de la discussion, un élève participant a témoigné des pressions subies par certaines filles, expliquant le phénomène de harcèlement sexuel qui demeure souvent entouré de silence.
» il y a des élèves qui se trouvent obligés de céder aux avances de certains enseignants qui les harcelent en échange de points. Pour éviter d’échouer les cours de ces enseignants, elles acceptent de se livrer à leurs bourreaux », répond un des élèves participant à la table ronde.
Du côté des enseignants, Eric Nteranya a rappelé que leur mission première est d’éduquer et de protéger les élèves.
Il a insisté sur le devoir des enseignants face aux questions relatives aux violences sexuelles chez les jeunes filles en milieux scolaires : » les enseignants ont l’obligation de décourager et de dénoncer tout acte visant à abuser sexuellement des élèves et les sanctions sevères doivent suivre. «
La dénonciation, facteur important pour la prévention
Un point de vue partagé par le directeur de discipline de l’école, Jean-Baptiste Kitambala, qui a exhorté les élèves à dénoncer tout cas de violences sexuelles. Il a toutefois reconnu l’existence de défis, notamment l’absence de boîtes à suggestions permettant aux victimes ou aux témoins de dénoncer dans l’anonymat et pour prévenir les représailles.
Au délà de la peur qu’ont fait savoir les élèves, l’école tâche de sensibiliser les élèves à travers l’éducation à la vie, sur les moyens de prévenir des cas d’abus sexuels.
» Nous demandons aux élèves de ne pas avoir peur et de toujours dénoncer. Même si l’auteur est l’autorité scolaire elle-même, les élèves doivent dénoncer auprès d’autres structures de défense des droits des femmes et des enfants et même au commissariat pour décourager ces actes « , insiste le directeur de discipline vis-à-vis de l’inquiétude des élèves au sujet d’une autorité de l’école qui devient auteur d’un cas de violences sexuelles.
En termes de recommandations, les participants ont demandé à la radio ELLE FM d’intensifier les actions de sensibilisation, non seulement dans les écoles, mais aussi au-delà, afin de toucher toutes les couches de la population. Ils ont également salué cette initiative, jugée opportune dans le contexte actuel.
Il faut noter que cette table ronde est la première des quatre tables ronde que la radio ELLE FM organise dans le cadre de son projet sur la prévention et la lutte contre les violences sexuelles chez les jeunes filles en milieux scolaires à Goma, avec l’appui de Reporter Sans Frontière RSF.
