Selon le témoignage de jeunes consommateurs rencontrés dans les quartiers de la ville, le manque d’opportunités d’emploi constitue un facteur aggravant. « Ces jours-ci, nous passons notre temps dans le quartier sans travail. Lorsque nous demandons à quelqu’un de nous aider à trouver une activité, on nous répond souvent qu’il n’y a plus d’opportunités », explique l’un d’eux. Cette inactivité prolongée favorise l’ennui et, pour certains, une consommation régulière d’alcool fort. « Quand on passe toute la journée sans rien faire, il arrive même qu’on consomme rapidement une bouteille d’alcool fort, simplement parce qu’on n’a rien à faire », ajoute-t-il.
La baisse significative du prix de ces boissons rend leur accès encore plus facile. « C’est très dangereux pour nous, les jeunes », reconnaissent plusieurs consommateurs. Certains rapportent déjà des effets visibles : mauvaise alimentation, négligence de l’hygiène corporelle et dégradation progressive des conditions de vie.
Face à cette réalité, ces jeunes lancent un appel clair aux autorités : « Nous demandons au gouvernement de nous offrir des opportunités de travail. »
Du côté des professionnels de la santé, l’inquiétude est tout aussi grande. Le Dr Stany bosaga, spécialiste en santé publique, met en garde contre les effets des boissons fortement alcoolisées sur l’organisme. « Ces boissons ne sont conseillées à personne », insiste-t-il.
Il explique que, sur le plan physiologique, l’alcool fort provoque une sensation de brûlure dès le contact avec la langue, qui se prolonge au niveau de la gorge et de l’estomac. « Consommer régulièrement une substance qui brûle l’organisme entraîne inévitablement des conséquences graves », souligne-t-il.
Parmi les risques évoqués figurent les lésions de la langue pouvant évoluer vers un cancer. L’excès d’alcool dans le sang peut également entraîner une perte d’appétit, appelée anorexie, conduisant à l’amaigrissement et à une vulnérabilité accrue. « Cette perte de poids affaiblit le système immunitaire. Les anticorps ne jouent plus efficacement leur rôle, exposant la personne à des maladies comme la tuberculose, les affections cutanées et d’autres infections », précise le spécialiste.
Lorsque cette situation touche les jeunes, les conséquences dépassent le cadre individuel. « Un jeune affaibli par l’alcool aura du mal à assumer ses responsabilités dans la vie. Il ne sera utile ni à sa famille, ni à sa communauté, ni à son pays », avertit Dr Stany. Il souligne également que l’ivresse altère la perception de la réalité, ce qui peut pousser certains jeunes à adopter des comportements dangereux, voire violents.
Face à cette problématique, les acteurs de la santé publique appellent à une sensibilisation renforcée et à des mesures concrètes pour protéger la jeunesse. De leur côté, les jeunes réclament des solutions durables, notamment l’accès à l’emploi, afin de s’éloigner de cette spirale dangereuse.
Grace Wasingya Nestor
