À Nyiragongo et dans l’ensemble du Nord-Kivu, la saison culturale B, entamée à la mi-février, se poursuit avec des défis importants pour les agriculteurs. Selon le chef des travaux, C.T Thierry Bushashire, enseignant-chercheur en sciences agronomiques, la réussite des cultures repose sur un entretien rigoureux et continu des champs, bien au-delà du seul mois d’avril.
Parmi les pratiques prioritaires figure le sarclage ou désherbage, qui consiste à éliminer les mauvaises herbes afin de limiter la concurrence pour l’eau et les éléments nutritifs. Cette opération est souvent associée au binage, une technique qui permet d’aérer le sol en brisant la croûte superficielle, favorisant ainsi la respiration des racines et réduisant l’évaporation de l’eau.
L’observation régulière des cultures constitue également une pratique essentielle. Les agriculteurs doivent rester attentifs aux signes inhabituels tels que le jaunissement des feuilles, le retard de croissance, la fanaison ou encore les attaques d’insectes. Ces symptômes peuvent indiquer la présence de maladies ou de ravageurs nécessitant une intervention rapide.
Dans un contexte marqué par des irrégularités pluviométriques, la gestion de l’eau devient plus que nécessaire. Lorsque les pluies sont insuffisantes, un apport complémentaire par irrigation peut s’avérer nécessaire pour soutenir la croissance végétative des plantes.
En matière de fertilisation, les sols volcaniques de la région présentent généralement une bonne richesse. Toutefois, en cas de carence, l’utilisation de matières organiques est recommandée. Le compost, les résidus de récolte ou encore les fumiers permettent d’améliorer la structure du sol tout en apportant des éléments nutritifs.
Face aux maladies et aux ravageurs, l’accent est mis sur la prévention. L’entretien adéquat des cultures et le respect des bonnes pratiques culturales réduisent significativement les risques. En complément, des solutions alternatives aux produits chimiques existent, notamment les biopesticides fabriqués à partir de plantes locales comme le neem, le papayer, l’ail ou certaines herbes.
Ces approches contribuent à la fois à protéger les cultures, à préserver l’environnement et à maintenir la fertilité des sols. Les spécialistes encouragent ainsi les agriculteurs à se former davantage à ces techniques durables, adaptées aux réalités locales.
