Parmi les principales difficultés évoquées figure l’insécurité, qui limite les déplacements des humanitaires et leur accès aux populations affectées. Mapendo Kusudi, coordinateur du Groupe de travail Redevabilité et Engagement communautaire au Nord-Kivu, estime que la situation sécuritaire constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à l’action humanitaire.
« Aujourd’hui, le principal défi est beaucoup plus lié à la sécurité. La situation sécuritaire crée des barrières qui empêchent les humanitaires de se déplacer sur le territoire et d’intervenir en faveur des communautés affectées », explique-t-il.
Selon lui, la présence des groupes armés dans certains villages complique également l’accès aux communautés. Les humanitaires doivent ainsi prendre en compte leur propre sécurité avant de pouvoir intervenir.
« On doit d’abord se protéger avant de protéger la communauté. Les humanitaires sont aussi des humains et doivent donc d’abord réfléchir par rapport à leur sécurité », souligne Mapendo Kusudi.
L’intervenant évoque également certaines mesures sanitaires qui peuvent ralentir les activités humanitaires, notamment les périodes de quarantaine liées aux déplacements entre certaines zones.
Face à ces contraintes, il appelle au respect du caractère apolitique de l’action humanitaire et des règles du droit international. « L’humanitaire ne devrait donc pas être pris comme partie dans les conflits », affirme-t-il, appelant les protagonistes aux conflits à respecter les règles permettant aux acteurs humanitaires d’accomplir leur mission.
La conférence a également mis l’accent sur l’importance de renforcer l’information et la participation des communautés. Pour Mapendo Kusudi, celles-ci doivent connaître les organisations humanitaires présentes, leurs mandats et leurs interventions.
« La communauté a le droit de connaître telle organisation, son mandat et ce qu’elle est en train de faire au sein de la population », insiste-t-il.
Cette rencontre avec les étudiants de l’ISIG a ainsi constitué un espace d’échange sur les défis de l’aide humanitaire et sur la nécessité de rapprocher davantage les acteurs humanitaires des communautés bénéficiaires.
Grace Wasingya Nestor
