« Je viens ici tous les jours sauf le dimanche. Je vends des galettes pour aider ma maman. Quand je vois mes amis en uniforme scolaire, je me sens triste. Moi aussi, je voudrais retourner à l’école et apprendre comme eux. », affirme un enfant.
Un autre enfant explique :
« Parfois, je passe toute la journée sans beaucoup vendre. Mais je ne peux pas rester à la maison. Nous devons acheter à manger. Si je ne viens pas vendre le jus et les biscuits, il n’y aura rien le soir. », dit-il.
Derrière ces témoignages poignants se cache une réalité économique difficile. Le chômage, la précarité et l’instabilité des revenus fragilisent de nombreux ménages. Face à cette situation, certains parents se retrouvent contraints d’autoriser, voire d’encourager, leurs enfants à travailler dans les rues pour contribuer aux dépenses quotidiennes ménagères.
« Nous savons très bien que l’école est importante. Aucun parent ne souhaite voir son enfant dans la rue. Mais la vie est devenue trop dure. Parfois, nous manquons même à manger. L’enfant sort vendre pour nous aider à acheter la nourriture et payer quelques besoins essentiels. », explique un parent rencontré dans la rue.
Un autre parent ajoute avec émotion :
« Si j’avais un travail stable, mes enfants ne seraient pas ici. Ce n’est pas un choix du cœur, c’est une obligation dictée par la pauvreté. »
Pour ces enfants, la rue devient ainsi un lieu de travail précoce, au détriment de leur éducation et de leur développement personnel. Fatigue, insécurité, risques d’accidents et parfois exploitation font désormais partie de leur quotidien. Cette enfance s’efface peu à peu face aux exigences de la survie.
Cette situation compromet ainsi l’avenir d’une génération entière, les autorités ainsi que les partenaires sociaux sont appelés à renforcer les mécanismes de protection de l’enfance ; et aussi pour un soutien accru aux familles vulnérables afin de réduire la pression économique qui pèse sur des familles.
Au-delà des observations, il s’agit d’enfants avec des rêves, des talents et un avenir à construire. Leur place devrait être à l’école, dans un environnement sûr et protecteur, et non au milieu de la circulation.
La situation interpelle la conscience collective. Garantir l’accès à l’éducation et assurer la sécurité des enfants demeure un défi majeur, mais surtout une responsabilité partagée par tous.
Bénédictions Hangi
