Cette initiative suscite déjà des vives oppositions au sein de la classe politique et de la société civile.
« C’est étonnant de constater que dans un pays où la protection des citoyens reste un défi, nos dirigeants trouvent pourtant le courage de signer des accords pour accueillir des refoulés étrangers», déplore Sonny Gentil Mulume, président de la Société Civile Plurielle, actif à Goma dans la partie Est de la République.
Selon lui, la RDC ne dispose pas encore de mécanismes fiables pour encadrer et protéger ses propres citoyens. Pour lui c’est paradoxal de devoir accueillir ces étrangers : « Alors qu’il n’existe pas une carte d’identité universelle pour tous nos compatriotes, accueillir des refoulés venant de l’étranger apparaît comme un paradoxe inquiétant», ajoute Sonny Mulume.
La mise en place de ce programme d’accueil pose plusieurs défis, les autorités congolaises sont appelés a organiser le transit, l’hébergement et le suivi de ces migrants, alors que les infrastructures à Kinshasa sont déjà sous pression en raison de l’afflux de populations locales, déplorent des opposants et des mouvements citoyens du pays.
Alors que le Rwanda avait dans le passé signé un accord similaire avec la Grande-Bretagne, initiative largement critiquée, Sonny Gentil Mulume hausse le ton : « Notre pays ne devrait pas’engage dans de tels accords sans que la situation interne soit sécurisée et organisée», insiste-t-il.
La Société Civile Pluriel appelle ainsi à la révision de cet accord et réaffirme son opposition ferme à ce qu’elle considère comme un problème de plus de gérer par la République.
Promesse Kakuru
