Pour ces femmes, l’acte dépasse la symbolique. Il s’agit d’un appel à la réconciliation et à la cohésion, dans un contexte marqué par les tensions sociales et l’insécurité. Djamila Riziki Matabaro, habitante de Buhimba, confie : « Cet arbre de la paix, je veux qu’il nous réunisse dans nos associations et qu’il amène aux autorités congolaises, la compréhension. Car nous n’avons même pas la paix chez nous à la maison. Nos enfants n’étudient plus comme avant et manquent de nourriture chaque jour. »
Elle remet son arbre à sa sœur Bora Matabaro José, déplacée de guerre, avec l’espoir qu’un jour, de retour à Sake, elle puisse le planter dans son village.
Une initiative symbolique pour la cohésion sociale
De son côté, Kavira Chantale, représentante de l’AVEC Wamama Tujenge, témoigne de l’impact personnel de cette initiative : « J’ai beaucoup appris concernant la paix. Elle est la base de la réussite dans tout ce que nous faisons. J’ai arrêté de me confronter avec mes enfants, mon mari, mes voisins et même les membres de mon association. »
Même sentiment pour Blandine Lumoo de l’AVEC Amani : « Lorsque je plante cet arbre, je sens déjà l’espoir de la paix dans mon cœur. Les mauvaises habitudes anciennes, je les ai enterrées avec lui. »
La facilitatrice de l’activité, Mululu Kisonia Rachel, souligne l’importance de ce geste collectif : « En voyant ces femmes planter leurs arbres, je vois déjà la paix dans leurs yeux et l’espoir. Certaines déplacées disent qu’une fois la paix revenue, elles emporteront leur arbre pour le planter chez elles, afin de ramener la paix dans leurs communautés. »
Elle renchérit ses propos:«Ces arbres deviennent des repères de résilience et de réconciliation. Ils rappellent que la paix ne se décrète pas, mais se cultive, jour après jour, dans les familles, les associations et les quartiers.»
Signalons qu’à Buhimba comme à Mugungu et partout ailleurs, ces femmes démontrent que même dans l’adversité, il est possible de semer l’espérance.
Laïla Kayuya.
