Sous le soleil brûlant de Kasika dans la commune de Karisimbi à Goma, une femme transforme chaque feuille de manioc en espoir. Neema Chiza, mère de huit enfants, a fait du sombé ces feuilles de manioc broyées et prisées dans la cuisine congolaise, son arme de survie et de dignité.
Depuis un an et demi, Neema installe son petit moteur au bord de la route près d’Afia Bora. Là, elle broie et vend le sombé, une activité modeste mais vitale. Son mari étant au chômage, c’est grâce à ce travail qu’elle assure les repas et paie les frais scolaires de ses enfants. Avec un capital de départ de 30 000 francs congolais, équivalent de 10$, elle a rejoint une Association Villageoise d’Epargne et de Crédit, AVEC. Ce pas décisif lui a permis de stabiliser ses revenus et de mieux gérer les aléas du quotidien: « Je broie les feuilles de manioc. Cela fait déjà un an et demi que je fais ce travail. Au lieu de rester à la maison, il est bon de faire cette activité car elle m’aide à payer les frais scolaires de mes enfants. Les avantages sont nombreux, car même le peu que je gagne m’aide à subvenir aux besoins de ma famille. Mon mari est au chômage. J’ai commencé avec un petit capital de 30 000 francs congolais et je me suis ensuite intégrée dans une association villageoise d’épargne et de crédit. Aujourd’hui, je constate que je suis devenue plus stable financièrement. Au lieu de rester à la maison, je préfère travailler. Même le peu que je gagne m’aide à subvenir aux besoins de ma famille », confie-t-elle avec fierté.

Elle ajoute:« Mais le chemin n’est pas sans embûches. Le moteur consomme beaucoup d’huile et d’essence, et les clients ne sont pas toujours au rendez-vous. »

Pourtant, Neema garde le sourire et encourage les autres femmes à se lancer:« Même avec 10 000 francs, on peut acheter du sombé et commencer à vendre.»

Signalons que l’histoire de Neema Chiza n’est pas seulement celle d’une vendeuse de sombé. C’est le récit d’une femme qui, face aux difficultés, choisit la résilience plutôt que la résignation. À travers ses feuilles de manioc broyées, elle incarne la force silencieuse des femmes congolaises.

Laila kayuya

By ellefm

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