Dans le cadre de sa campagne de sensibilisation sur la prévention et la lutte contre les violences sexuelles chez les jeunes filles en milieu scolaire, la radio ELLE a réalisé une interview avec Cheik Ahmed Mahmoud Chiru, responsable religieux musulman. Cet échange portait sur la transformation d’attitudes face aux violences sexuelles et sur le rôle des leaders religieux dans cette lutte.
Selon Cheik Ahmed Mahmoud Chiru, l’islam enseigne clairement qu’un homme musulman n’a pas le droit de toucher une femme qui n’est ni son épouse, ni sa fille, ni sa sœur, ni une personne qui lui est interdite au mariage, appelée mahram. Il précise que même le simple fait de toucher la main d’une femme étrangère est interdit, conformément au Coran et à la loi islamique.
Pour le leader religieux, ces règles constituent une protection essentielle pour la femme et la jeune fille, dans la mesure où elles visent à prévenir tout contact inapproprié entre hommes et femmes. Il souligne : » même un père ou un jeune homme n’est pas autorisé à toucher une femme, ne serait-ce que la main, si elle n’est pas son épouse ou sa mahram . »
Cheik Ahmed Mahmoud Chiru explique : » grâce à ces limites claires, les cas de violences sexuelles sont de moins en moins récurrents dans les communautés musulmanes. »
Toutefois, il reconnaît que si de tels actes surviennent, la loi de Dieu est explicite et les autorités étatiques doivent également jouer pleinement leur rôle.
Abordant les stratégies de prévention, il indique que les musulmans mettent l’accent sur l’éducation dès le plus jeune âge, notamment à travers les écoles religieuses. Les jeunes sont encadrés dans des groupes spécifiques, tout comme les pères et les mères. L’enseignement du respect des limites et l’interdiction de toucher une femme occupent une place centrale dans cette démarche éducative.
Il ajoute que les enfants sont sensibilisés très tôt à certaines règles de comportement, notamment le fait qu’un garçon n’a pas le droit d’entrer dans la chambre d’une fille sans autorisation. Dans les pratiques religieuses, les espaces de prière sont également organisés de manière distincte, avec les hommes et les jeunes d’un côté, et les femmes et les filles de l’autre.
Une interview à travers laquelle la radio ELLE réaffirme l’importance de l’implication des leaders religieux dans la sensibilisation communautaire, afin de renforcer la protection des jeunes filles et de promouvoir un environnement scolaire sûr et respectueux.
Grace Wasingya Nestor
