Depuis la fin du mois de décembre 2025, l’intensification des affrontements armés dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, a entraîné une hausse significative du nombre de blessés ainsi qu’une dégradation notable de leur accès aux soins de santé.

Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le nombre de blessés par armes hospitalisés à l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Fizi a été multiplié par quatre en l’espace de quelques semaines.

Face à cet afflux massif de patients, le CICR a installé des tentes supplémentaires afin d’augmenter la capacité d’accueil du service de chirurgie, initialement limitée à 25 lits. Au 18 janvier 2026, l’établissement comptait 115 blessés hospitalisés. Le 10 janvier, une équipe chirurgicale d’urgence du CICR a été déployée afin d’appuyer le personnel médical local dans la prise en charge des blessés.

De nombreux patients arrivent tardivement à l’hôpital, souvent avec des plaies déjà infectées, en raison des retards dans la prise en charge initiale. Cette situation met en évidence les dysfonctionnements des structures de santé de première ligne situées à proximité des zones de combat. Plusieurs centres de santé restent paralysés du fait de l’insécurité persistante, des pillages, des ruptures de stocks de médicaments et du manque de personnel soignant, contraint de fuir les violences.

Les difficultés liées aux évacuations médicales contribuent également à l’aggravation de la situation humanitaire. Les équipes du CICR et de la Croix-Rouge de la RDC ont reçu de nombreuses demandes d’évacuation de blessés, notamment au sud de la ville d’Uvira et dans les hauts plateaux du territoire de Fizi. L’absence ou le retard dans l’obtention de garanties de sécurité entrave l’accès humanitaire et allonge considérablement les délais d’intervention, alors même que chaque minute est déterminante pour la survie des blessés.

Ces contraintes ont parfois contraint les équipes humanitaires à emprunter des itinéraires plus longs, retardant l’acheminement de l’assistance médicale. Le CICR souligne que ces obstacles compromettent sérieusement la mise en œuvre efficace des opérations humanitaires dans un contexte marqué par une dégradation rapide de la situation sécuritaire.

Le CICR rappelle enfin à toutes les parties au conflit leurs obligations au regard du droit international humanitaire, notamment celles de faciliter l’accès aux soins de santé pour les blessés et les malades, d’autoriser leur évacuation sans discrimination, de garantir l’accès aux structures de santé et de permettre le passage des fournitures médicales essentielles. L’organisation réaffirme sa volonté de poursuivre le dialogue avec les parties concernées afin de préserver un espace humanitaire sûr et un accès effectif aux populations dans le besoin.

Grace Wasingya Nestor

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