La lutte contre les violences sexuelles faites aux jeunes filles en milieu scolaire passe également par l’implication des hommes et des garçons. C’est ce qu’a expliqué Kayenga Matumo jean, responsable du Réseau de réflexion des hommes engagés pour la masculinité positive (R-RHE), lors d’un entretien accordé à la radio Elle FM.

Selon lui, son organisation a mis en place des initiatives ciblées visant à mobiliser les hommes autour de la prévention des violences basées sur le genre. « Nous avons créé des cercles de réflexion des hommes engagés ou des jeunes engagés pour la masculinité positive », a-t-il indiqué. Ces groupes, composés de 15 à 20 participants, constituent des espaces d’échanges et de sensibilisation axés sur les droits des femmes, la promotion des valeurs positives et la lutte contre les normes discriminatoires.

Ces cercles permettent aux hommes de mieux intégrer les questions liées aux droits des femmes et de contribuer à la consolidation de l’égalité de genre entre l’homme et la femme. À travers ces mécanismes, une prise de conscience progressive s’opère, favorisant une remise en question des comportements et des perceptions au sein des communautés.

Des résultats commencent déjà à être observés dans certaines zones bénéficiaires des programmes Men Engage. Dans ces communautés, des hommes et des jeunes garçons adoptent progressivement des attitudes favorables à la masculinité positive et deviennent des relais de sensibilisation. Ils contribuent ainsi à la promotion de comportements respectueux et à la protection des jeunes filles contre les violences sexuelles, notamment en milieu scolaire.

Cependant, plusieurs obstacles freinent encore la mise en œuvre et l’extension de ces initiatives. Le manque de partenaires d’appui technique et financier figure parmi les principaux défis. « Les bailleurs privilégient souvent les interventions d’urgence ou les projets classiques de développement durable, alors que notre approche repose sur le changement des mentalités », a expliqué Kayenga Matumo.

À cela s’ajoutent des barrières culturelles et des croyances profondément enracinées. Dans certaines communautés, il est encore admis que la femme ne puisse pas s’exprimer en public sans l’autorisation de son mari, des perceptions qui constituent un frein majeur à la promotion de l’égalité de genre.

Face à ces résistances, le responsable du R-RHE appelle les hommes, en particulier les jeunes, à s’engager davantage. Il rappelle que les objectifs de développement durable à l’horizon 2030 ne pourront être atteints sans la participation effective des femmes. « La femme est un partenaire essentiel du développement. Le monde évolue et exige aujourd’hui une collaboration étroite entre hommes et femmes pour un développement durable », a-t-il conclu.

Grâce Wasingya

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