Selon ce rapport, les violences armées persistantes, combinées à un manque de financement des organisations humanitaires, ont entraîné d’importantes ruptures de stocks de médicaments dans de nombreuses structures sanitaires. Près de 40 % d’entre elles ont également subi une fuite du personnel soignant.
L’insécurité, les difficultés à franchir les lignes de front et les obstacles financiers sont autant de facteurs qui entravent l’acheminement des soins. Le docteur Pierre, médecin directeur d’un centre hospitalier au Sud-Kivu, témoigne :
« Nous avons des difficultés à accéder à Bukavu où nous achetons des médicaments. Et lorsqu’on réussit à les acheter, nous devons payer pour les transporter mais aussi pour les multiples frais au niveau des points de contrôle mis en place par différents porteurs d’armes sur la route. »
A côté, les déplacements massifs de populations aggravent la pression sur le système de santé local. Depuis janvier 2025, 91 % des aires de santé au Nord et au Sud-Kivu ont chacune accueilli plus de 5 000 personnes déplacées internes. Dépourvues de ressources, ces populations ne peuvent plus payer leurs soins.
Plamedi, une déplacée vivant au Sud-Kivu, décrit une situation dramatique :
« Nous avons perdu tous nos biens. Plusieurs d’entre nous n’ont plus d’argent et ne peuvent aller se faire soigner à l’hôpital, alors ils restent chez eux même en étant très malades. C’est pourquoi il y a plusieurs décès dans la communauté. »
Le CICR rappelle que, conformément au droit international humanitaire, les parties au conflit ont l’obligation de répondre aux besoins des populations placées sous leur contrôle.
« Il est donc impératif que toutes les parties aux conflits, ainsi que les acteurs humanitaires et de développement, s’accordent afin que les soins de santé ne subissent pas les conséquences des conflits. Le CICR, en tant qu’intermédiaire neutre, se tient prêt à continuer à faciliter l’acheminement de médicaments à travers les lignes de front », peut-on lire dans le document.
La situation humanitaire reste préoccupante, et ressuscite l’implication directe des partis prenantes au conflit et acteurs humanitaires.
Promesse Kakuru
