« Ces suppléments sont particulièrement riches en calories, lipides, protéines et micronutriments. Chez les enfants malnutris, cette composition est essentielle pour restaurer rapidement l’état nutritionnel. Mais chez les adultes en bonne santé, cet apport massif n’est pas nécessaire et se stocke rapidement. Le foie transforme l’excédent en glycogène ou en graisse, tandis que les muscles en conservent également une partie. Une fois saturé, le corps accumule le surplus dans différents tissus, entraînant surcharge hépatique, déséquilibre nutritionnel et prise de poids », laisse entendre notre source.
Ces graisses peuvent également s’accumuler dans les vaisseaux sanguins sous forme d’athéromes, réduisant progressivement le diamètre des artères et perturbant la circulation. Cette obstruction accroît la pression exercée sur le cœur et augmente le risque d’hypertension, fragilisant le système cardiovasculaire sur le long terme.
Le métabolisme est également affecté. Une consommation excessive de ces suppléments peut perturber la régulation du glucose par les glandes surrénales. Lorsque l’insuline ne fonctionne plus correctement, le sucre reste dans le sang, provoquant une hyperglycémie susceptible d’évoluer vers un diabète. Les reins, fortement sollicités, peuvent subir une filtration ralentie, accumuler des dépôts graisseux ou minéraux et développer un risque de calculs.
Malgré ces dangers avérés, ces produits continuent de circuler dans le commerce informel et sont souvent vendus comme de simples barres énergétiques. Leur présence sur les marchés, loin des structures de santé auxquelles ils sont destinés, révèle un manque de contrôle et une insuffisance de sensibilisation.
Pour limiter ces dérives, plusieurs mesures s’avèrent indispensables : un suivi rigoureux des intrants nutritionnels dès leur arrivée dans la province, l’identification et la sanction des points de vente illicite, et une communication claire auprès du public pour rappeler que ces suppléments ne sont pas des aliments ordinaires, mais des traitements médicaux destinés aux enfants souffrant de malnutrition aiguë.
Conçus pour sauver les plus vulnérables, ces produits deviennent potentiellement nocifs lorsqu’ils sont utilisés en dehors de leur cadre médical. Prévenir, encadrer et sensibiliser apparaît comme la condition essentielle pour garantir leur bon usage et protéger la santé de la population.
Grace Wasingya Nestor
