Chaque famille a reçu des vivres pour un mois ainsi que des biens essentiels tels que des ustensiles de cuisine, du savon et des couvertures. Cette aide vise à soutenir les ménages revenus après des déplacements forcés causés par une série d’attaques armées et d’incidents violents survenus en août dernier. Beaucoup de familles ont retrouvé leurs maisons incendiées et leurs biens pillés. Si cette assistance répond aux besoins immédiats, la principale préoccupation des habitants demeure la sécurité.
Depuis plusieurs années, l’Ituri connaît une instabilité persistante, caractérisée par des affrontements entre groupes armés, des opérations militaires et des attaques ciblant directement les civils. Ces violences, en violation du droit international humanitaire, entraînent des pertes en vies humaines, des blessures graves, des déplacements massifs, des violences sexuelles et la destruction de moyens de subsistance. Les civils en paient le prix le plus lourd.
Les conflits chroniques ont affaibli la résilience des communautés. Beaucoup d’agriculteurs n’osent plus se rendre dans leurs champs par peur des violences, aggravant la pénurie des produits de premier nécessité sur le marché. Selon les Nations Unies, environ 1,5 million de personnes sont aujourd’hui en insécurité alimentaire dans la province de l’Ituri.
L’accès aux soins de santé reste limité. Les structures médicales des zones touchées fonctionnent difficilement en raison des pillages, du manque de personnel qualifié ou de ruptures de stocks de médicaments. Les blessés doivent souvent parcourir de longues distances pour recevoir une prise en charge. Médecins Sans Frontières (MSF), qui soutient la clinique Salama à Bunia, indique avoir pris en charge plus de 350 patients blessés par armes depuis le début de l’année, dont plus de 200 entre juillet et octobre 2025.
Le CICR soutient plusieurs structures médicales dans les territoires de Djugu et d’Irumu. « Nos équipes constatent une baisse du nombre de consultations pour les femmes et les enfants, principalement en raison de l’insécurité qui limite l’accès aux structures de santé », note Alfred Wadie, chef adjoint de la sous-délégation du CICR à Bunia.
La situation humanitaire est aggravée par les déplacements massifs. L’arrivée de personnes déplacées internes exerce une forte pression sur les ressources locales, notamment sur l’eau et les infrastructures sanitaires. Dans les sites de déplacement ou au sein de familles d’accueil, l’approvisionnement en eau demeure insuffisant, poussant certaines familles à recourir à des sources non traitées et augmentant le risque de maladies hydriques.
Face à cette crise persistante, le CICR poursuit son action humanitaire en faveur des populations touchées tout en rappelant l’importance du respect du droit international humanitaire. La situation en Ituri illustre la nécessité d’une protection renforcée des civils et d’un engagement durable pour la paix et la sécurité dans la région.
Grace Wasingya Nestor
