« Aujourd’hui, tout le peuple congolais demande à ce que l’opposition se réunisse, s’exprime et fasse entendre ses revendications à travers une seule voix : celle du peuple », a déclaré Matata Ponyo d’entrée de jeu. Selon lui, sa présence à ce conclave répond à une attente claire de la population.
Interrogé sur l’absence de plusieurs grandes figures de l’opposition, telles que Moïse Katumbi, Martin Fayulu ou Jean-Marc Kabund, Matata Ponyo relativise. « Même en pleine démocratie, il n’y a pas unanimité. L’unanimité n’existe pas. La démocratie, c’est la loi du grand nombre. Et le grand nombre est ici. »
Pour lui, ce n’est pas l’absence de certains acteurs politiques qui invalide l’initiative, mais la capacité de rassemblement autour d’un projet commun. « Le peuple se retrouve au travers du grand nombre. C’est cela, le principe de la démocratie », insiste-t-il.
Face aux critiques évoquant une complaisance supposée de certains opposants face à l’agression du Rwanda ou à d’autres dossiers sensibles, Matata Ponyo déplace le débat. « Le problème le plus profond, ce n’est pas de critiquer ou non l’opposition. La vraie question est : est-ce qu’on travaille pour le peuple congolais ? »
Il cite plusieurs défis auxquels la population est confrontée : salaires impayés, désorganisation du transport, inflation, faim, maladies comme la malaria. « Voilà les choses les plus importantes de la vie », martèle-t-il, en appelant à l’unité pour faire face aux urgences nationales.
Revenant sur sa condamnation à dix ans de prison, Matata Ponyo affirme avoir été victime d’un procès inconstitutionnel. « J’ai été jugé en dehors de la loi. La Constitution a été violée plus de 50 fois », affirme-t-il, en s’appuyant sur le principe d’invalidité de toute décision judiciaire non conforme à la loi fondamentale. « Ce qui n’est pas conforme à la Constitution est nul et de nul effet », rappelle-t-il.
« Donc je n’ai pas été condamné », insiste-t-il. À ses yeux, la Constitution récuse cette décision, qu’il considère comme juridiquement inexistante.
À travers cette prise de parole, Matata Ponyo réaffirme son engagement pour une opposition forte, organisée et porteuse des aspirations du peuple congolais. Il rejette l’idée que les divergences actuelles soient un échec et plaide pour une dynamique de rassemblement.
« L’unité du peuple congolais est aujourd’hui essentielle pour résoudre les problèmes du pays », conclut-il, appelant l’opposition à se recentrer sur ses responsabilités face aux attentes populaires.
Grace Wasingya Nestor
