« Nous accordons une grande importance à cet accord-cadre parce que déjà il trace la matière qui fera l’objet du dialogue proprement dit. Jusque-là, on n’a pas encore commencé le dialogue proprement dit pour traiter les causes profondes du conflit. »
Benjamin Mbonimpa insiste sur la valeur de ce document, précisant que, bien que le dialogue n’ait pas encore commencé, plusieurs actes ont déjà été posés. Selon l’AFC M23, le cadre signé définit les matières à discuter :
« Mais ce document que nous venons de signer, nous nous sommes mis d’accord sur les matières à traiter pendant le pourparler de paix qui sera conclu par un accord de paix global où nous allons toucher sur l’humanité et la protection des victimes, même les réformes. Nous allons travailler sur la question de l’identité et de la citoyenneté, sur la question des groupes armés, parce que c’est un problème dans ce pays : chaque leader a une milice… Nous devons arriver à clore ce dossier en mettant fin aux groupes armés locaux et étrangers », déclare-t-il.
Le mouvement a également dénoncé ce qu’il qualifie de campagne de désinformation autour d’une prétendue disparition de l’AFC M23 à l’issue de l’accord de Doha. « Ils ont promis à la population toutes choses… mais nous, nous sommes tus, parce que nous connaissons ce que nous faisons », a-t-il précisé.
En dépit des affrontements signalés dans certaines zones comme à Mwenga et Nyombe, le secrétaire permanent affirme qu’ils restent engagés à protéger les civils là où ils sont présents, tout en appelant au respect mutuel des engagements pour favoriser une paix durable.
« On nous attaque à Mayi Mingi, à Nombe, à Tubibi dans le territoire de Mwenga par des bombardements d’artillerie ; des avions de guerre sont en train de bombarder. Pensez-vous que nous allons croiser les bras pendant qu’ils continuent à nous bombarder ? Partout où ils nous attaquent, si nous arrivons à les repousser, nous restons là pour protéger la population… C’est le rapport de force sur le terrain qui définira qui aura l’imperium de gérer une entité et protéger la population », a-t-il ajouté.
Le secrétaire permanent conclut en soulignant que la mise en œuvre de cet accord se fera de manière conjointe avec les autres parties signataires, dans le respect de la bonne foi et de la protection des civils, tel que stipulé dans le document-cadre.
Promesse Kakuru
