Placée sous le thème « Femme, Paix et Sécurité », cette célébration a été marquée par plusieurs panels de discussion, dont l’un consacré au rôle des femmes dans la prévention et la riposte contre Ebola. Les échanges ont notamment mis en lumière l’importance du leadership féminin et de la participation des femmes aux initiatives de paix, de sécurité et de santé communautaire.
Prenant la parole au nom de la Synergie des Femmes, Paix et sécurité, Rachel Mululu a insisté sur la nécessité de reconnaître les femmes comme de véritables actrices du changement. Selon elle, celles-ci ne doivent pas être considérées comme de simples participantes aux mécanismes locaux de paix, mais plutôt comme des leaders capables d’influencer les décisions et de contribuer aux stratégies qui concernent leurs communautés: » les femmes étant des actrices qui donnent la vie, ne doivent pas seulement être invitées à participer aux mécanismes locaux de paix, elles doivent se les approprier, y exercer leur leadership et contribuer activement aux décisions qui façonnent le futur de leurs communautés », a-t-elle souligné.
Toutefois, plusieurs obstacles continuent de freiner leur engagement. Il s’agit notamment de leur faible représentation dans les instances de décision, de l’élaboration des stratégies sans leur implication, de l’insuffisance de financement des organisations féminines et des difficultés d’accès à l’eau, particulièrement dans le territoire de Nyiragongo au Nord Kivu. L’insécurité, les problèmes d’accréditation des organisations ainsi que la faible prise en compte des besoins spécifiques des jeunes filles dans les établissements scolaires figurent également parmi les défis soulevés.
Face à cette situation, les organisations féminines entendent intensifier leur plaidoyer afin d’obtenir une représentation effective dans les structures de gestion et de planification de la riposte contre Ebola. Elles souhaitent également valoriser leur expertise technique et leur ancrage communautaire dans les activités de sensibilisation et de prévention. Parmi les perspectives évoquées figure notamment la promesse de construction d’une fontaine pour contribuer à améliorer l’accès à l’eau dans le territoire de Nyiragongo.
Pour ces organisations, la lutte contre Ebola ne peut être pleinement efficace sans la participation effective des femmes à tous les niveaux de décision. Elles estiment que leur leadership, leur expérience de terrain et leur proximité avec les communautés constituent des atouts essentiels pour renforcer la prévention, promouvoir la paix et améliorer les mécanismes de riposte. Ainsi, au-delà de leur mobilisation sur le terrain, elles réclament une véritable place dans les espaces où se définissent les politiques et les stratégies d’intervention.
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